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Orthorexie : je mange trop sain, c’est grave docteur ?

Si ces bonbons vous font frémir d'horreur, ce n'est pas normal ;-)

Si ces bonbons vous font frémir d’horreur, ce n’est pas normal 😉

Un peu. En tout cas, l’orthorexie, cette tendance à rechercher de façon hystérique l’aliment sain, est désormais reconnue comme une vraie de vraie maladie ! Est-ce votre cas ? Faites le test !

Il existe une multitude de troubles du comportement alimentaire. L’anorexie et la boulimie en sont les plus célèbres, mais le grignotage et désormais l’orthorexie sont certainement plus répandus. Du grec « orthos » (correct) et « orexis » (appétit), l’orthorexie nerveuse se définit comme une obsession de la nourriture saine. De plus en plus de personnes sont totalement obnubilées par la recherche permanente du « sain » et du « bon ». Au point d’une part d’y consacrer tout leur temps et leur argent, et de se mettre à l’écart (pas de repas chez des amis, pas de restaurant, etc.), ce qui est commun à toutes les déviances alimentaires. Et d’autre part, de mettre en danger leur santé ! Eh oui : si ces véritables malades ne se préoccupent nullement des quantités, ils déchiffrent scrupuleusement chaque étiquette pour, souvent écarter l’aliment de leur assiette, voire de leur vision. Résultat : ils ne mangent pas grand chose, ou avalent finalement des repas totalement déséquilibrés, donc nuisibles à la santé ! L’inverse de leur but recherché… Leur fixation les rend de plus assez orgueilleux et intolérants envers « tous les autres » et, pour tout dire, pénibles à vivre.

Si vous focalisez, il faut s’inquiéter

L’Association Suisse de l’alimentation s’alarme des proportions inquiétantes que prend ce mouvement. En gros, lorsque vous focalisez sur votre menu quotidien au point d’y consacrer la majeure partie de votre temps, il faut s’inquiéter.

Vous vous dites : chez Belle Santé, ça va mal. Ils nous exhortent tous les mois à manger mieux, sain et équilibré, et d’un seul coup, voilà que c’est une maladie… Attention : on ne renie pas une ligne de tous les conseils sages et propices à la santé distillés dans chaque numéro. Mais il est tant de rappeler tout de même que le plaisir et la gourmandise doivent impérativement présider à chaque repas, sinon à chaque instant de la vie. Dans cette optique, il ne s’agit pas de focaliser sur la teneur en pesticides de tel aliment ou la quantité d’acides gras de tel autre pour manger « bien ». Il s’agit simplement de prendre les bons réflexes, une fois pour toutes, et ensuite on n’y pense plus. Tous simplement ! Par ailleurs, on l’a dit et répété sans cesse : c’est l’ensemble de l’équilibre alimentaire qui compte. Il serait inquiétant et même grave de ne jamais craquer sur des chips, des rillettes, un verre de soda ou un millefeuilles.

L’esprit plus que la lettre

Vous l’avez compris : c’est l’esprit qui compte, et non la lettre. Soyez relax, aucun aliment n’est votre ennemi, tous nous nourrissent, et si certains d’entre eux n’apportent que du plaisir et pas un iota de bénéfice santé, est-ce vraiment dramatique ? vous vous rattraperez sur l’ensemble du repas, et personne n’y trouvera rien à redire. Si grâce à ce petit test vous réalisez que votre état d’esprit vis-à-vis de la nourriture est un peu « rigide » voyez s’il n’est pas de même pour d’autres aspects de votre vie (on range les clés ici et pas à côté, chaque torchon doit trouver sa place en fonction de sa couleur, etc.). Détendez-vous, respirez : l’avenir, la santé, la longévité et surtout le bonheur appartiennent à ceux qui savourent la vie.

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Le test de vérité

Voici 8 questions pour faire rapidement le point. Si vous répondez « oui » à au moins 3 d’entre elles, peut-être faut-il réfléchir à tout ça.

  1. Passez-vous de longues minutes (voire plusieurs heures) chaque jour à penser à la qualité de votre nourriture ?
  2. Etes-vous incapable de sortir de chez vous sans une « collation saine », par peur de ne rien trouver de « comestible » ailleurs ?
  3. Dépensez-vous plus d’argent qu’avant pour votre nourriture, selon des critères purement qualitatifs (par exemple vous n’achetez que du bio ou que des produits labellisés, vous ne pouvez pas manger autre chose) ?
  4. Avez-vous régulièrement des discussions passionnées sur ce sujet, essayant à tout prix de convaincre votre interlocuteur (pour son bien) ?
  5. Vous félicitez-vous de vos choix alimentaires, alors que vous méprisez ceux des autres ?
  6. Culpabilisez-vous lorsque vous mangez un aliment « mauvais » (selon vos critères) mais dont le goût vous plaît ?
  7. Si vous mangez « mal », parfois, est-ce que vous vous sentez mal (mal au ventre, digestion lente, maux de tête) ?
  8. Lorsque vous mangez « bien » est-ce que vous vous sentez bien (léger, vif, sain) ?

 Cet article est paru dans le magazine Rebelle Santé.

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