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Une nouvelle allergie… à la viande rouge… et à cause des tiques ! (non ce n’est pas une blague)

Allergique à la viande ? Optez pour des protéines végétales ! Par exemple celles du quinoa…

Une lectrice nous a récemment adressé ce mail : « Une amie voudrait devenir végétarienne parce qu’elle me dit être allergique à la viande rouge, mais ça n’existe pas ? »

Si ! Il existe deux formes d’allergie à la viande rouge, toutes deux peu fréquentes : une « normale », où la personne est allergique à la sérumalbumine bovine, ici pas de surprise : des symptômes classiques (indigestion, vomissements…) juste après ingestion, on fait facilement le rapprochement avec une fondue bourguignonne ou une entrecôte dégustée juste avant. Cette allergie concerne 2% des allergies alimentaires.

Mais une seconde forme d’allergie à la viande émerge. Elle est encore assez méconnue, les tests cutanés classiques ne la détectent pas, mais pourtant le nombre de personnes atteintes semble en progression et ce, partout dans le monde. Et selon plusieurs experts, il y en aurait même bien davantage mais les patients l’ignorent. En effet, cette allergie n°2 à la viande est compliquée à diagnostiquer, encore relativement mal connue des médecins, et a fortiori des patients. Bref, elle risque de faire parler d’elle dans les prochaines années, d’autant qu’il s’agit de manifestations sévères : violentes diarrhées, maux de ventre à se plier en deux, et genre d’œdème de Quincke avec gorge, langue et yeux gonflés au point d’empêcher de respirer. Sa double particularité : les symptômes ne se dévoilent que plusieurs heures après avoir mangé alors que d’habitude, les symptômes allergiques sont immédiats ; du coup, pas évident de faire le lien entre un choc anaphylactique en plein milieu de la nuit (car les symptômes sont souvent nocturnes) et ce qu’on a mangé au dîner. Par ailleurs, ils ne touchent que des personnes préalablement piquées par une tique : chasseurs, randonneurs, amoureux des balades en forêt, habitants des campagnes… En effet, si cette dernière est vectrice de la maladie de Lyme, elle véhicule également bien d’autres parasites et molécules à problèmes. C’est le cas ici : dans sa salive se trouve un sucre appelé l’alpha-gal, considéré comme une menace par notre système immunitaire, lequel une fois piqué* réagit alors en fabricant des anticorps spécifiques de ce sucre. Or, ce sucre est présent dans les cellules de tous les mammifères, sauf les primates (nous, les humains), donc dans toutes les viandes de bœuf, porc, agneau, sanglier… et encore plus spécialement dans les abats, très concentrés en alpha-gal. On en trouve aussi, outre la viande, dans certains produits dérivés comme la gélatine (remplacez-la par de l’agar-agar !) ou par le fromage de brebis (remplacez-le par du fromage de noix de cajou !). Cette allergie reste marginale pour le moment : 6500 cas environ quand même recensé dans le monde en 2015, dont 20 cas sévères en France, dus à l’alpha-gal donc (ce qui correspond à 1% des allergies alimentaires sévères). Mais en tout cas, c’est encore une bonne raison de devenir végétarien, et même végan ! Celles et ceux qui souhaitent en rester au semi-végétarisme peuvent consommer de la volaille (canard, dinde, pintade, poulet…), dont la viande ne renferme pas d’alpha-gal.

Aucun risque avec nos recettes du Grand livre des protéines végétales, de Mes petites recettes magiques aux protéines végétales ou encore dans Ma bible végétarienne et végane (à paraître aux éditions Leduc.S).

*Encore une particularité : toutes les personnes piquées par une tique ne développent pas cette allergie, ce qui ne laisse pas d’intriguer les allergologues : pourquoi certains deviennent allergiques et d’autres non ? Mystère.

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